Appel à communications.

Colloque 437 ‐ Les parcours juvéniles sous le prisme du processus pénal
Organisé par l’Université de Montréal et l’Institut Universitaire de Première ligne en Santé et Services Sociaux (IUPLSSS) du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de l’Estrie – Centre hospitalier universitaire (CIUSSSE-CHUS) à Sherbrooke
dans le cadre du Congrès de l’Acfas, Université Laval, 11 et 12 mai 2022

Format comodal : présentiel et en ligne

Les parcours des jeunes (16-30 ans) judiciarisé·e·s se construisent au fil d’un processus temporel séquencé et non-linéaire (Galland, 2011; Longo, 2016), marqué par la multidimensionnalité des défis à relever tels que la transition vers l’âge adulte ou le désistement du crime (Abbrams & Terry, 2017 ; Dumollard, sous presse; Gaïa, 2019; Massoglia & Uggen, 2010). Ces parcours individuels sont construits en interaction constante avec les contextes sociaux dans lesquels ils se déploient et avec les institutions fréquentées par les individus (Bessin, 2009; Guillaume, 2009; Van de Velde, 2015), en l’occurrence pour les jeunes judiciarisé·e·s, les systèmes de justice pénale pour mineurs ou pour adultes.

À l’instar des parcours individuels, les parcours institutionnels et pénaux des jeunes judiciarisé·e·s sont eux-aussi structurés autour de plusieurs étapes et empreints d’allers-retours : arrestation et entrée dans le système pénal pour mineurs ou pour adultes ; jugement devant un tribunal ; exécution ou application des peines ; sortie du système pénal ; retour éventuel devant le système pénal. Ces différentes étapes s’articulent dans un processus au fil duquel circulent les jeunes, qui se retrouvent en interaction constante avec une pluralité de professionnel·le·s : agent·e·s de police (Dirikx, Gelders, & Parmentier, 2012; Livingstone, Meudec & Harim, 2021; Saarikkomäki, 2015), juges (Niang et al., sous presse), avocat.e.s (Chui & Cheng, 2017; Peterson-Badali, Care & Broeking, 2007), agent·e·s de suivi pénal (Bugnon, 2017; Sallée, 2020; Villeneuve, F.-Dufour & Turcotte, 2020), intervenant·e·s psychosociaux·les (Chouinard & Martel, 2020), etc.

Plusieurs travaux amènent justement des réflexions sur la « circulation » des jeunes entre ou dans divers dispositifs d’intervention (Couronné & Sarfati, 2022) et sur la notion de « parcours publics » qui permet d’envisager le cheminement des jeunes au sein de ou entre diverses institutions et les interventions qui le ponctuent (Ertul, Melchior & Warin, 2012). À ce propos, dans le champ pénal, les parcours et les étapes de l’intervention sont plus souvent traitées indépendamment les unes des autres pour, entre autres, des enjeux de problématisation et/ou méthodologiques. La pluralité des interventions pénales visant les jeunes judiciarisé·e·s et leur passage entre ou dans divers dispositifs pénaux soulèvent pourtant directement la question de la compartimentation des étapes de leurs parcours. Plutôt que de regarder chaque étape indépendamment les unes des autres, il convient de s’inscrire dans une perspective globale et processuelle des parcours pénaux juvéniles (Longo, 2016), à l’instar de certains travaux récents (ex. Chéronnet, 2022; Teillet, 2020). Ces étapes constituent en effet un ensemble à considérer dans sa globalité, ses continuités, ses (in)cohérences et ses ruptures.

L’objectif de ce colloque est justement de s’intéresser aux parcours pénaux juvéniles dans leur globalité afin d’interroger les manières dont ils sont construits, les étapes qui les composent, la continuité ou, au contraire, les incohérences et les éventuelles ruptures qui les façonnent, les interventions qui les visent et les expériences diversifiées des jeunes judiciarisé·e·s. En rassemblant différentes perspectives disciplinaires, il cherche plus spécifiquement à réunir les réflexions d’une part sur les liens et les interactions entre les différentes étapes du parcours pénal (ex. l’applicabilité des décisions pénales, la préparation à ce qui fait suite à l’exécution des peines, etc.) et ce qui est commun à ces étapes ou spécifique à chacune ; d’autre part, sur l’articulation entre ces diverses étapes de l’intervention pénale et les parcours des jeunes.

Pour cela, les propositions de communication devront s’inscrire au sein d’un des deux axes thématiques proposés. À travers une lecture transversale des communications, les discussions menées dans ces deux axes devront permettre d’offrir un regard global sur les parcours des jeunes dans les systèmes pénaux.

Les propositions de communications peuvent s’inscrire dans les axes suivants :

  1. Des interventions pénales aux parcours pénaux juvéniles. Les communications viseront à mieux comprendre la mise en lien des interventions au fil et entre les étapes du processus pénal. Elles pourront porter aussi bien sur la philosophie d’intervention que sur les interventions elles-mêmes (référentiels de gestion et d’intervention, culture organisationnelle, finalités et outils décisionnels et d’intervention, etc.). Elles pourront aussi interroger les implications concrètes de ces liens entre les différentes étapes dans la construction des parcours juvéniles.
  2. Construction des liens et participation : les interactions au fil des parcours pénaux juvéniles. Les communications seront articulées autour de la place des jeunes judiciarisés tout au long du processus pénal. Cet axe analysera la construction des liens entre jeunes et professionnel·le·s sociopénaux·les (stabilité, continuité et qualité relationnelles, participation, etc.) au fil et entre les différentes étapes du processus pénal et leurs implications concrètes dans les parcours pénaux juvéniles.

Les propositions de communication, portant autant sur des recherches menées au Québec qu’ailleurs à l’international, pourront mobiliser les discours professionnels et/ou les discours juvéniles. Elles pourront aborder aussi bien des aspects théoriques et empiriques que des réflexions méthodologiques.

Le colloque sera organisé sur deux jours. Chaque journée comportera des panels et des temps de discussion collective. Le colloque sera organisé en format comodal, soit en présentiel et en ligne.


Pour soumettre votre proposition de communication


Les propositions de communication doivent parvenir au plus tard le 19 février 2023, en format Word, aux deux adresses courriel suivantes : marie.dumollard@umontreal.ca et anta.niang.ciussse-chus@ssss.gouv.qc.ca. Elles doivent comporter les informations suivantes : titre ; nom, affiliation et adresse courriel des conférencier·e·s ; résumé d’un maximum de 1 500 caractères (espaces compris, bibliographie exclue le cas échéant) ; indication de la modalité de présentation (présentiel ou en ligne).
Les soumissions seront étudiées par les responsables du colloque et les décisions rendues par courriel au plus tard le 24 février 2023.
Les conférencier·e·s retenu·e·s devront avoir un profil actif sur le site de l’ACFAS pour être inclus·es dans le programme du colloque et s’acquitter des frais d’inscription au congrès pour présenter pendant le colloque.


Responsables du colloque :

Marie Dumollard, professeure adjointe, École de travail social, Université de Montréal.

Anta Niang, chercheuse d’établissement, Institut Universitaire de Première ligne en Santé et Services Sociaux (IUPLSSS) du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de l’Estrie – Centre hospitalier universitaire (CIUSSSE-CHUS) à Sherbrooke; professeure associée, École de travail social, Université de Sherbrooke.



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